Un faux "vrai fauteuil voltaire" en crin

Surprise!

Lors du dégarnissage, je peux trop souvent m' apercevoir à quel point certains abusent de la confiance de leurs clients. Malfaçons, matériaux de mauvaise qualité, mise en place des éléments sans aucun respect pour le siège, qui, lui, traverse les âges tant bien que mal et attend une restauration digne de ce nom. 

L'exemple qui suit est affligeant. Non seulement la malfaçon est manifeste, mais l'escroquerie est elle aussi démontrée. 

Nous sommes en présence d'un Voltaire dit "en crin" qui n'est autre qu'un Voltaire en mousse recouvert d'une fine couche de crin. Le travail entre ces deux techniques, mousse ou crin, qui existent réellement, est très différent, et ne demande pas le même temps d'ouvrage. De ce fait le client a le choix entre deux devis dont les prix peuvent aller du simple au double.

Ici, une mousse fine (en jaune) a été posée sur l'ancienne, afin de recevoir un tas de crin. Il n'y a aucune restauration. C'est inacceptable !

Cet artisan peu scrupuleux a pu donc empocher la somme d'un travail dit "en crin". De telles pratiques sont malheureusement répandues et seule une formation sans faille dans le respect du meuble et de l'histoire de l'art peut façonner l'esprit du véritable artisan .

Notez avec quelles agrafes ce "professionnel" a planté le profilé (bordure en mousse) qui n'a d'ailleurs rien à faire dans une réalisation en crin. Le bois est ainsi torturé et fragilisé. L'artisan tapissier digne de ce nom se doit de pérenniser le siège en pensant à sa restauration tout au long de sa vie! Ainsi, chaque clou, chaque agrafe, chaque collage, font partie d'un protocole unique et invariable qui permet au prochain restaurateur de reproduire le travail à l'identique quelque soit l'âge et le style du siège.    

Village de Boffres
Village de Boffres